Combien coûte vraiment un site pour un restaurant dans les Alpes-Maritimes

Plateforme, agence ou artisan : ce que coûte vraiment un site de restaurant dans le 06, commissions comprises, et comment savoir si ça vaut le coup chez vous.

Camille Boinaud · webmaster WordPress Mise à jour le 31 août 2026
10–15 minutes
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Vous avez sans doute déjà posé la question à quelqu'un. Et vous avez sans doute eu la même réponse : ça dépend. Deux mots qui ne vous avancent à rien, et qui laissent l'impression désagréable qu'on vous cache le prix parce qu'il va vous déplaire.

Je comprends d'où vient cette prudence. Un site n'a pas de prix unique, pas plus qu'un menu n'a de prix unique. Sauf qu'un restaurateur, lui, affiche sa carte sur sa devanture. Il ne demande pas aux gens d'entrer pour découvrir combien coûte le plat du jour.

Alors autant faire pareil. Vous trouverez ici les quatre façons de mettre un restaurant en ligne, ce que chacune coûte réellement, ce qui fait varier la facture, et surtout ce qui n'apparaît jamais dans le prix affiché. Y compris les cas où je vous dirais de ne rien faire.

Ce qu'il faut retenir en 30 secondes

Quatre routes possibles. Le site en abonnement coûte peu au départ et ne vous appartient jamais. La plateforme de réservation vous amène des clients mais prélève sur chaque couvert, sans fin. L'agence facture plusieurs milliers d'euros et place un chef de projet entre vous et celui qui travaille. L'artisan indépendant se situe entre 900 et 1 500 euros, sans commission, avec une seule personne au téléphone. Le vrai coût n'est jamais le prix de départ : c'est ce qui se prélève ensuite, mois après mois, et ce qui se renouvelle chaque année sans qu'on vous l'ait annoncé.

1. Pourquoi personne ne veut vous donner un prix

Il y a deux raisons à ce silence, et une seule est honnête.

La première tient à la nature du travail. Un site de trois pages et un site de quinze pages ne demandent pas le même temps. Une carte qui change chaque semaine ne se construit pas comme une carte figée à l'année. Celui qui vous annonce un chiffre avant de savoir ce que vous voulez raconter dit n'importe quoi.

La deuxième raison est moins reluisante. Beaucoup de prestataires n'affichent pas leurs prix parce qu'ils les adaptent à la tête du client. Un établissement qui tourne bien paiera plus cher que le bistrot du village, pour exactement le même travail. Ça s'appelle du prix à la tête du client, et c'est plus répandu qu'on ne le croit.

Du coup vous demandez trois devis pour comprendre un marché, et les trois ne sont comparables sur rien. Ma position tient en une phrase : le tarif ne dépend pas du soin que j'y mets, il est le même partout. Il dépend du nombre de pages qu'il y a à construire.

2. Le site en abonnement, ce qu'il coûte vraiment

C'est la voie la plus simple à démarrer. Wix, Squarespace, Jimdo, ou les constructeurs proposés par les hébergeurs : quelques dizaines d'euros par mois, un modèle à choisir, et vous êtes en ligne le soir même.

Sauf que vous ne possédez rien. Le jour où vous arrêtez de payer, le site disparaît. Pas de sauvegarde à emporter, pas de fichier à récupérer, rien à transmettre à celui qui reprendra votre établissement.

Le référencement local est faible, aussi. Ces outils sont conçus pour être vite en ligne, pas pour remonter sur une recherche du type restaurant ouvert ce soir dans votre commune. Vous existez, mais personne ne vous trouve.

Et puis il y a le temps. Le vôtre. Remplir un modèle, écrire les textes, redimensionner les photos, comprendre pourquoi la carte s'affiche mal sur téléphone : ça se compte en soirées, après le service. À trente euros par mois pendant cinq ans, vous avez dépensé 1 800 euros et vous ne possédez toujours rien.

3. Les plateformes de réservation, le coût qui ne s'arrête jamais

TheFork, Zenchef, Guestonline. Il faut les ranger à part, parce qu'elles ne vendent pas un site. Elles vendent votre couvert. Plusieurs d'entre elles proposent en plus une mini-page publique, ce qui entretient la confusion : vous croyez avoir un site, vous avez une fiche hébergée chez elles, qui disparaît le jour où vous partez.

Selon les estimations disponibles, comptez autour de 139 euros d'abonnement mensuel, plus 2 à 4 euros sur chaque couvert servi. Sur cent couverts par mois passés par la plateforme, la facture annuelle se situe entre 3 700 et 5 500 euros. Chaque année, sans fin.

Le problème n'est pas le principe. Une plateforme vous amène des clients que vous n'auriez jamais eus, et pour ceux-là, la commission se défend. C'est le service rendu.

Le problème, ce sont les autres. Le client qui vous connaît, qui tape le nom de votre établissement, et qui atterrit sur la plateforme parce que c'est le premier résultat. Celui-là, vous le payez alors qu'il venait chez vous.

Gardez la plateforme si elle vous apporte du monde. Mais regardez d'où viennent réellement vos réservations avant de décider ce qu'elle vaut.

4. L'agence, et à qui elle convient

Une agence, c'est une équipe. Un commercial, un chef de projet, un graphiste, un développeur, parfois un rédacteur.

Pour un site de restaurant, les devis que je vois passer se situent le plus souvent entre 3 000 et 5 000 euros, davantage avec des photos professionnelles et une identité visuelle complète.

Ce prix n'est pas volé. Il paie une structure : des bureaux, des salaires, des outils, et le temps de coordination entre cinq personnes qui doivent se parler.

Le vrai inconvénient n'est pas le montant, c'est la distance. Vous parlez à un commercial qui ne construira pas votre site, puis à un chef de projet qui transmettra vos demandes. Six mois plus tard, quand votre carte de saison doit changer, vous ouvrez un ticket et vous attendez.

Pour un établissement de quarante couverts, c'est disproportionné. Pour un groupe de quatre restaurants avec une charte à tenir, ça se défend très bien.

5. L'artisan indépendant, et ce qui fait bouger le prix

C'est ce que je fais, autant l'annoncer clairement. Une page unique, avec la maison, la carte, les horaires, l'accès et le contact : 900 euros, pour un délai de mise en œuvre de deux semaines. Un site vitrine de quatre à cinq pages, avec une carte détaillée et le référencement local complet : 1 500 euros, pour un délai de quatre semaines.

S'y ajoutent les options qui ont du sens chez vous, et seulement celles-là. La reprise complète de votre fiche Google, 200 euros. Une version anglaise pour la clientèle qui monte de la côte, 400 euros. La réservation en ligne avec créneaux de service et confirmations automatiques, 600 euros, licence comprise et sans abonnement derrière.

Ce qui fait varier la facture tient à quatre choses : le nombre de pages, la présence ou non d'un module de réservation, le nombre de langues, et la matière que vous fournissez. Des photos correctes et une carte à jour font gagner un temps considérable. Ce qui ne fait pas varier la facture, c'est la taille de votre établissement ou votre chiffre d'affaires.

La limite est réelle aussi : un indépendant, c'est une seule personne. Si vous cherchez une équipe capable d'absorber une campagne nationale sur trois marques, ce n'est pas le bon interlocuteur, et je vous le dirai.

6. Ce qui n'apparaît jamais dans le prix affiché

C'est le vrai sujet, et celui dont on parle le moins. Un site n'est pas un objet qu'on achète et qu'on pose. C'est une installation qui tourne, comme votre chambre froide.

Le nom de domaine, une quinzaine d'euros par an. Anecdotique, mais un domaine oublié, c'est un site qui disparaît du jour au lendemain. L'hébergement, entre 60 et 150 euros par an selon la qualité : c'est lui qui décide si votre site s'ouvre en une seconde ou en cinq, et cinq secondes suffisent pour perdre le client qui est devant votre porte.

Les licences des outils utilisés, ensuite, et c'est le poste dont personne ne parle. Un site bien construit s'appuie sur des extensions payantes : le module de réservation, l'outil de mise en page, celui qui gère le référencement, celui qui accélère l'affichage, celui qui surveille la sécurité. Ces licences se renouvellent chaque année, et sans elles vous perdez les mises à jour, donc la sécurité. Comptez plusieurs centaines d'euros par an si vous les portez seul.

Les mises à jour elles-mêmes, enfin. Sans elles, un site finit piraté, et un site piraté ne se contente pas de tomber : il affiche du contenu qui n'est pas le vôtre, et Google le signale à vos clients. Ajoutez les modifications de l'année, carte de saison, plat qui change, horaires de vacances : c'est le poste le plus sous-estimé, parce que c'est celui qui revient toute l'année.

C'est pour ça que je conseille la maintenance à 60 euros par mois. Hébergement et nom de domaine compris, licences comprises, sauvegardes, surveillance, et les changements de carte en ligne dans la journée. Et si vous préférez tout gérer vous-même, dites-le : je vous montre comment faire à la mise en ligne, et vous partez avec votre site.

7. Comment savoir si ça vaut le coup chez vous

Le calcul est plus simple qu'il n'y paraît. Prenez votre ticket moyen, divisez le coût annuel du site par ce ticket, et vous obtenez le nombre de couverts que le site doit vous apporter dans l'année pour être remboursé.

Sur une formule à une page avec maintenance, la première année revient à 135 euros par mois en douze fois sans frais, soit 1 620 euros. Avec un ticket moyen à 30 euros, ça fait 54 couverts sur l'année, un peu plus d'un par semaine. Les années suivantes, il ne reste que la maintenance, soit 24 couverts dans l'année.

Si vous voulez comparer avec une plateforme de réservation, comparez ce qui est comparable. Un site sans module de réservation ne remplace pas une plateforme : il vous rend visible, il ne prend pas les réservations à votre place. La comparaison honnête, c'est le site avec l'option : 900 euros, plus 600 pour le module, plus la maintenance, soit 2 220 euros la première année et 720 euros les suivantes. En face, 139 euros par mois qui ne s'arrêtent jamais, plus la commission au couvert.

Cela dit, il y a des cas où je vous dirais de ne rien faire. Si votre salle est pleine avec une clientèle d'habitués, si vous êtes à trois ans de la retraite, ou si votre fiche Google est déjà bien tenue et vous suffit, un site n'est pas votre priorité. Je vous le dirai au téléphone plutôt que de vous vendre quelque chose qui dormira.

Je réponds à vos questions...

Un site de restaurant, c'est combien au minimum ?

Comptez 900 euros pour une page unique complète, avec la carte, les horaires, l'accès et le contact. En dessous, vous êtes soit sur un abonnement que vous ne possédez pas, soit sur un travail bâclé qu'il faudra refaire.

Est-ce que je peux payer en plusieurs fois ?

Oui, en douze fois sans frais. Ce n'est pas un abonnement : le site vous appartient dès le règlement du solde, et vous pouvez partir avec quand vous le voulez, sans rien me devoir.

J'ai déjà une page sur une plateforme de réservation, est-ce que ça suffit ?

Les deux ne jouent pas le même rôle. La plateforme vous amène des clients que vous n'auriez pas eus, et vous la payez à chaque couvert. Votre site travaille pour tous ceux qui cherchent déjà votre nom, et il ne prélève rien.

Qui écrit les textes de mon site ?

Moi, à partir de ce que vous me racontez en une heure de discussion. Vous relisez et vous corrigez ce qui ne vous ressemble pas. Vous n'avez pas une ligne à rédiger.

Combien de temps avant d'être en ligne ?

Deux semaines pour une page unique, quatre semaines pour un site vitrine. Le délai dépend surtout de la rapidité avec laquelle vous me transmettez vos photos et votre carte.

Je pourrais vous dire qu'il vous faut un site tout de suite, et vous annoncer un prix rond sans rien savoir de votre établissement. Ce serait plus simple à écrire.

Ce qui me frappe, en travaillant avec des restaurateurs, c'est le décalage entre deux métiers qui font pourtant la même chose. Vous affichez vos prix sur la devanture, vous expliquez ce qu'il y a dans l'assiette, vous dites d'où vient le poisson. Personne n'entre chez vous sans savoir ce qu'il va payer. Et puis le monde du web est arrivé avec ses devis sur demande et ses commissions calculées sur ce que vous servez. Un prix affiché et une seule personne au téléphone, ça ne devrait pas être un argument commercial. Ça devrait être la normale.

Vous voulez savoir ce que ça donnerait chez vous ?

On en parle une demi-heure, entre deux services. Je vous dis ce qui serait utile dans votre établissement et ce qui ne servirait à rien, et vous repartez avec un chiffre précis. Ce n'est pas un rendez-vous commercial et vous ne vous engagez à rien.

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À propos de l'auteur

Camille Boinaud, webmaster et expert WordPress

Ingénieur logiciel de formation, artisan du web de métier. Depuis plus de trois ans, j’accompagne des indépendants et des petites entreprises dans la création, l’optimisation et la protection de leur site WordPress. Basé à Grasse (06), j’interviens à distance sur toute la France.

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