Votre site est en ligne depuis des mois, peut-être des années. Il est propre, il marche, vous avez payé pour. Et il ne vous a jamais amené un seul client. Pas un appel, pas un message dont vous puissiez dire : celui-là vient du site.
Alors vous vous dites peut-être qu'il faut le refaire. Ou qu'un site, dans votre métier, ça ne sert à rien. Les deux conclusions sont possibles, mais vous ne pouvez en tirer aucune pour l'instant, parce qu'il vous manque l'essentiel : savoir où ça coince.
Je vous explique comment poser ce diagnostic vous-même, avec un outil gratuit, en trois questions.
- 1. Avant de tout refaire : savoir où ça coince
- 2. L'outil gratuit qui répond à tout ça : la Search Console
- 3. Première question : est-ce qu'on vous trouve ?
- 4. Deuxième question : est-ce qu'on vient ?
- 5. Troisième question : est-ce qu'on vous contacte ?
- 6. Le piège du site qui vise trop large
- 7. Ce que je regarde quand on me pose la question
- FAQ
Ce qu'il faut retenir en 30 secondes
Un site qui n'amène aucun client, c'est l'un de ces trois problèmes : on ne vous trouve pas, on vous trouve mais on ne clique pas, ou on visite mais on ne vous contacte pas. Chaque étage a sa mesure et son remède, et ce ne sont pas les mêmes. La Search Console, gratuite et sans cookie, répond aux deux premières questions ; un outil de statistiques léger comme Independent Analytics ou Koko répond à la troisième. Mesurez avant de bricoler : refaire un site sans savoir où il coince, c'est réparer au hasard.
1. Avant de tout refaire : savoir où ça coince
Entre le moment où quelqu'un a besoin de vos services et le moment où il vous appelle, il y a un chemin. Et ce chemin a trois marches : il vous trouve, il vient voir, il vous contacte.
Un site qui n'amène aucun client, c'est une de ces trois marches qui est cassée. Peut-être qu'on ne vous trouve pas. Peut-être qu'on vous voit dans les résultats mais qu'on ne clique pas. Peut-être que des gens visitent vos pages toutes les semaines et repartent sans un mot. Ce sont trois problèmes différents, avec trois remèdes différents.
Et c'est là que la plupart des gens se trompent : ils réparent sans avoir mesuré. Ils refont le design alors que le site était invisible, ils écrivent des articles alors que le formulaire ne marchait plus. Du travail, parfois de l'argent, pour une marche qui n'était pas cassée.
Alors avant de toucher quoi que ce soit, on mesure. Et ça tombe bien : l'outil est gratuit.
2. L'outil gratuit qui répond à tout ça : la Search Console
La Search Console est un tableau de bord que Google met à disposition de tous les propriétaires de sites, gratuitement. Elle vous montre ce qui se passe côté Google : combien de fois votre site apparaît dans les résultats, sur quelles recherches, à quelle position, et combien de personnes cliquent.
Elle voit donc ce qu'aucun outil installé sur votre site ne peut voir : ce qui se passe avant le clic. Un outil de statistiques classique ne compte que les gens déjà arrivés. Si personne n'arrive, il affiche zéro et ne vous dit pas pourquoi.
Et elle a une qualité qui compte pour vous : elle ne suit personne. Pas de cookie, pas de bandeau à ajouter, rien à déclarer. Ce sont les données de Google sur votre site, pas des données collectées sur vos visiteurs. Si vous avez lu mon article sur le bandeau cookies, vous savez pourquoi c'est précieux.
Pour la brancher, comptez dix minutes : vous prouvez à Google que le site est à vous, en général via votre extension SEO ou votre nom de domaine, et les données commencent à arriver. En complément, pour voir ce qui se passe après le clic, j'installe un outil de statistiques léger et sans cookie : j'utilise Independent Analytics, et Koko Analytics est encore plus simple si vous voulez juste l'essentiel. Avec ces deux-là, vous avez tout le chemin sous les yeux.
3. Première question : est-ce qu'on vous trouve ?
Ouvrez la Search Console, rubrique performances, et regardez une seule colonne pour commencer : les impressions. C'est le nombre de fois où votre site est apparu dans des résultats de recherche, que quelqu'un ait cliqué ou non.
Si ce chiffre est proche de zéro sur trois mois, le diagnostic est posé : on ne vous trouve pas. Personne ne voit votre site, donc personne ne peut y venir, donc rien de ce que vous changerez dessus ne changera quoi que ce soit. Le problème est en amont.
Deux causes possibles. La première : Google ne connaît pas votre site, ou refuse de l'afficher. C'est un problème d'indexation, et j'ai écrit un article entier sur pourquoi un site n'apparaît pas sur Google, avec les vérifications à faire.
La seconde, plus fréquente : votre site est bien dans Google, mais aucune de vos pages ne vise une recherche que les gens font vraiment. Cinq pages qui parlent de vous, aucune qui réponde à ce que vos clients tapent. Là, le remède est éditorial : des pages et des articles pensés pour les recherches, et j'ai détaillé la méthode dans mon guide SEO et stratégie de contenu et dans mon article sur la publication régulière.
Dans les deux cas, ne touchez pas au design, ne refaites rien : votre site n'a pas un problème de beauté, il a un problème d'existence.
4. Deuxième question : est-ce qu'on vient ?
Deuxième cas de figure : les impressions sont là, des centaines ou des milliers par mois, mais la colonne des clics reste presque vide. On vous voit, on ne vient pas.
Regardez d'abord la position moyenne. Si elle est au-delà de 20, le mystère est mince : vous êtes en page 3 ou plus loin, et personne ne descend jusque-là. Ce n'est pas que votre résultat ne donne pas envie, c'est qu'il n'est jamais regardé. Le remède rejoint la question précédente : du contenu plus solide sur des recherches plus précises, celles où vous pouvez réellement monter.
Si votre position est bonne, disons dans les dix premiers, et que les clics ne suivent toujours pas, alors le problème est votre vitrine dans les résultats : le titre et la description de vos pages. C'est la seule chose que les gens voient de vous à ce stade. Un titre vague, « Accueil » ou le seul nom de votre entreprise, ne donne aucune raison de cliquer, surtout à côté de concurrents qui annoncent clairement ce qu'ils font et où.
La Search Console vous montre requête par requête où vous apparaissez et combien cliquent. Prenez vos dix recherches les plus vues, regardez votre taux de clic, et demandez-vous pour chacune : si j'étais le client, est-ce que mon résultat me donnerait envie ?
Et puis il y a un cas particulier qui mérite son paragraphe : vous êtes bien positionné sur votre propre nom, et invisible sur tout le reste. C'est très courant, et c'est un faux confort. Les gens qui tapent votre nom vous connaissent déjà : ce sont vos clients actuels, pas les nouveaux. Le site travaille pour ceux qui n'ont pas besoin de lui.
Un mot sur les chiffres, pour vous éviter une déprime inutile : un site d'artisan ou d'indépendant qui démarre fait rarement plus de quelques dizaines de visites par mois. Ce n'est pas un drame, c'est le point de départ. Ce qui compte, ce n'est pas d'avoir mille visiteurs, c'est que les vingt qui viennent soient les bons.
Le trafic n'est jamais le but, d'ailleurs. Cent visiteurs par mois dont trois vous appellent, c'est un site qui marche. Mille visiteurs et zéro appel, c'est une salle d'attente pleine de gens qui se sont trompés de porte.
Ce qui nous amène à la troisième question, celle que tout le monde oublie de poser.
5. Troisième question : est-ce qu'on vous contacte ?
Dernier cas : les gens vous trouvent, ils viennent, votre outil de statistiques compte des visites toutes les semaines. Et le téléphone ne sonne pas. Le problème n'est plus la visibilité : il est sur le site.
Premier réflexe, avant toute théorie : testez votre formulaire de contact. Envoyez-vous un message, maintenant, et vérifiez qu'il arrive. Un formulaire qui n'envoie plus rien est une panne silencieuse : rien ne semble cassé, et des semaines de demandes partent dans le vide. Je l'ai vu assez souvent pour le mettre en premier.
Si le formulaire marche, regardez vos pages avec les yeux d'un client. Est-ce qu'on comprend en cinq secondes ce que vous faites, pour qui, et où ? Est-ce que chaque prestation a sa page, avec un moyen clair de vous joindre ? J'ai détaillé les deux pages qui décident de tout : la page d'accueil et la page de service.
Et vérifiez ce que voit un visiteur sur téléphone, parce que c'est là que la majorité des gens vous liront. Un numéro impossible à taper, un formulaire pénible, des textes minuscules : autant de clients qui abandonnent à la dernière marche.
6. Le piège du site qui vise trop large
Il y a un cas qui coche toutes les questions à la fois, et il est tellement fréquent chez les indépendants qu'il mérite sa section : le site qui parle à la France entière alors que les clients sont à vingt kilomètres.
Les pages disent « création de sites internet » ou « plomberie et chauffage », sans jamais dire où. Résultat : sur les grandes recherches nationales, vous êtes en concurrence avec tout le pays, donc invisible. Et sur les recherches locales, celles que vos vrais clients tapent, votre métier plus votre ville, vous n'apparaissez pas non plus, puisque vos pages ne disent pas où vous êtes.
Le remède tient en deux mouvements. Sur le site : dire où vous travaillez, sur la page d'accueil, sur les pages de service, partout où c'est naturel. J'ai expliqué la mécanique dans mon article sur comment apparaître en premier dans sa ville.
Et à côté du site : la fiche Google, qui capte les recherches locales avant même les sites. Les deux branchés ensemble, mêmes coordonnées des deux côtés, c'est le duo qui fait exister un indépendant dans sa zone.
Si vos impressions dans la Search Console sont faites de recherches sans rapport avec votre zone, des gens de Lille qui tombent sur un plombier de Grasse, vous tenez votre diagnostic.
7. Ce que je regarde quand on me pose la question
Quand quelqu'un me dit « mon site ne m'amène rien », je fais exactement ce que cet article décrit, dans le même ordre. La Search Console d'abord : les impressions, les clics, la position, et sur quelles recherches. En dix minutes, je sais à quel étage ça coince.
Ensuite les pages, avec les yeux d'un client : ce qu'on comprend en arrivant, ce qu'on trouve en cherchant un prix ou un contact, ce que ça donne sur téléphone. Et le formulaire, que je teste systématiquement, parce que c'est la panne la plus bête et la plus coûteuse.
Ce diagnostic prend une petite heure, et il change tout à la suite : on sait ce qu'il faut faire, et surtout ce qu'il est inutile de faire. Parfois la réponse est « votre site va bien, il lui faut du contenu et du temps ». Parfois c'est « ne payez surtout pas une refonte, votre problème est ailleurs ».
Si vous préférez le faire vous-même, tout est dans cet article, et les articles liés détaillent chaque étage. Si vous préférez qu'on le fasse ensemble, ma porte est ouverte.
FAQ
Oui, entièrement et sans version payante cachée. C'est un outil que Google fournit aux propriétaires de sites, parce que Google a intérêt à ce que les sites soient bien construits. Vous n'y verrez jamais de facture, seulement des données.
Il n'y a pas de normale, mais des ordres de grandeur : un site vitrine local sans stratégie de contenu tourne souvent entre 20 et 100 visites par mois. Ce chiffre seul ne dit rien : ce qui compte, c'est le rapport entre les visites et les contacts. Trois appels pour cent visites valent mieux que zéro pour mille.
Envoyez-vous un message depuis le formulaire, depuis votre téléphone de préférence, et vérifiez qu'il arrive, y compris dans les indésirables. Faites-le une fois par mois : les mises à jour et les changements d'hébergement cassent les envois de mails plus souvent qu'on ne croit, et cette panne ne prévient personne.
Ça dépend de l'étage. Un formulaire réparé produit ses effets immédiatement. Des titres retravaillés, quelques semaines. Du contenu nouveau sur des recherches locales, comptez deux à six mois pour que Google le positionne. C'est aussi pour ça qu'on mesure : la Search Console vous montrera la progression bien avant le premier appel.
Les deux, parce qu'ils ne regardent pas au même endroit. La Search Console regarde devant votre porte : qui vous voit sur Google et qui entre. Un outil comme Koko ou Independent Analytics regarde dans la boutique : ce que font les gens une fois entrés. Le diagnostic complet a besoin des deux regards, et les deux se passent de cookies.
Je pourrais conclure en vous disant que tout site peut amener des clients. C'est vrai à une condition, et je préfère la donner.
Un site amène des clients quand il est construit pour ça : des pages qui visent les recherches de votre zone, des textes qui répondent aux questions de vos clients, et un chemin simple pour vous joindre. Un site construit comme une plaquette, beau et muet, ne le fera jamais, quel que soit le temps qu'on lui laisse. La mesure vous dira dans quelle catégorie est le vôtre.
Alors cette semaine, branchez la Search Console si ce n'est pas fait, et posez-vous les trois questions dans l'ordre : est-ce qu'on me trouve, est-ce qu'on vient, est-ce qu'on me contacte. Vous saurez où est la marche cassée. Et vous saurez surtout quoi réparer, avant de payer qui que ce soit pour refaire ce qui marchait déjà.
Vous voulez qu'on pose le diagnostic ensemble ?
Décrivez-moi votre site et ce qui vous manque, des visiteurs ou des appels. Je regarde, et je vous dis où ça coince et ce que je ferais à votre place. Rendez-vous sur ma page contact pour m'écrire.