Photographier ses plats au téléphone : ce qui compte vraiment

Lumière, angle, assiette propre, poids du fichier : comment photographier vos plats avec un téléphone pour votre site et votre fiche Google, sans matériel.

Camille Boinaud, webmaster WordPress Camille Boinaud · webmaster WordPress Mise à jour le 15 octobre 2026
8–12 minutes
de lecture

Un client qui hésite entre deux restaurants regarde les photos avant de lire la carte. Sur Google, sur Instagram, sur votre site, ce sont vos plats qui parlent en premier.

Pour de bonnes photos, il n'y a besoin ni d'un photographe ni d'un appareil coûteux. Le téléphone que vous avez dans la poche suffit, à condition de respecter quelques règles très simples : la lumière, l'angle, une assiette propre.

Ces règles tiennent sur une page. Elles vous font gagner des photos que vous pouvez réutiliser partout, et un peu de temps à chaque changement de carte.

Ce qu'il faut retenir en 30 secondes

Photographiez près d'une fenêtre, sans flash, dans les deux minutes qui suivent le dressage de l'assiette. Essuyez le bord, choisissez un fond neutre, et prenez le plat de dessus, à quarante-cinq degrés ou de face selon sa forme. Une dizaine de photos suffisent : la façade, la salle, six plats phares, l'équipe. Sur votre site, les images doivent peser quelques centaines de kilo-octets au plus ; pour la fiche Google, le format JPG ou PNG et 720 pixels de côté conviennent.

1. Pourquoi la photo compte avant même le texte

On lit une carte quand on a déjà décidé d'y aller. La photo sert avant : elle donne envie, et elle rassure. Le client voit la taille de l'assiette, le dressage, l'ambiance, et il sait à quoi s'attendre.

Sur la fiche Google, les photos figurent parmi les premiers éléments visibles, juste à côté des horaires et de la note. Si elles sont absentes, sombres ou floues, le client en déduit quelque chose sur ce qu'il trouvera dans l'assiette.

Beaucoup de photos de restaurant sont prises trop vite, à la lumière de la salle, avec le flash. Elles jaunissent la nourriture et écrasent les reliefs. Ce n'est pas un problème de matériel, c'est un problème de méthode.

La méthode est courte, et une séance de dix minutes suffit pour la mettre en place.

2. La lumière, avant toute autre chose

Une bonne photo de plat dépend d'abord de la lumière. La meilleure est celle d'une fenêtre, sans soleil direct. Placez l'assiette près de la fenêtre, avec la lumière qui arrive de côté ou de trois quarts arrière. Le relief des aliments ressort et les couleurs restent justes.

Évitez le flash. Il aplatit tout, crée un reflet sur les sauces et donne à la nourriture une allure de cantine. Évitez aussi de mélanger la lumière du jour et l'éclairage jaune de la salle : l'image prend une dominante orange difficile à rattraper.

Le soir, en plein service, la lumière est rarement bonne. Ne cherchez pas à photographier à ce moment-là. Faites vos photos avant l'ouverture, ou en fin de matinée, sur un plat dressé exprès pour cela.

Si votre salle est sombre, sortez sur le pas de la porte ou installez-vous près de l'entrée. Un plat photographié dehors, à l'ombre, vaut mieux qu'un plat photographié dans un coin sombre.

3. L'assiette et ce qu'il y a autour

Avant de déclencher, regardez l'assiette comme le client : trace de sauce sur le bord, goutte, miette, empreinte de doigt. Passez un chiffon propre. C'est le geste qui change le plus, et il ne coûte rien.

Choisissez un fond neutre : une table en bois, une ardoise, une nappe unie. Gardez le décor sobre. Un seul verre ou un couvert bien placé suffit. Plus il y a d'objets autour, moins on regarde le plat.

Photographiez tout de suite après le dressage, dans les deux minutes. Une sauce qui s'étale, une salade qui s'affaisse, une crème qui fond : le plat perd sa tenue très vite. Préparez donc l'emplacement à l'avance et faites la photo avant de dresser la suivante.

Photographiez le plat tel que vous le servez. Une photo trop travaillée, avec un plat que personne ne recevra jamais à table, fait plus de mal que de bien : le client compare, et il est déçu.

4. L'angle et le cadrage

Trois angles couvrent presque tous les plats. De dessus, en tenant le téléphone à plat au-dessus de l'assiette, pour les pizzas, les tartes, les bols et les assiettes composées à plat. À quarante-cinq degrés, comme si vous étiez assis à la table, pour la plupart des plats dressés. De face, à hauteur de l'assiette, pour ce qui a de la hauteur : burgers, sandwichs, desserts.

Activez la grille dans les réglages de l'appareil photo : elle aide à garder l'horizon droit et à placer le plat dans l'image. Touchez l'écran sur le plat pour faire la mise au point, puis ajustez la luminosité si l'image est trop sombre.

Essuyez l'objectif avant de commencer. Il passe la journée dans une poche ou sur un comptoir, et il se salit vite. Un chiffon doux règle un flou dont on cherche souvent la cause ailleurs.

Prenez plusieurs images de chaque plat, en variant l'angle et la distance. Vous en garderez une, mais vous aurez le choix. Laissez aussi un peu d'espace autour de l'assiette : un cadrage trop serré empêche de recadrer ensuite pour un carré, un format horizontal ou un format vertical.

5. Combien de photos, et lesquelles

Une dizaine suffisent pour commencer. La façade, pour qu'on retrouve la porte. La salle et la terrasse, pour l'ambiance. Six plats phares, ceux dont vous êtes fier et que vous servez toute l'année. Et une photo de l'équipe, qui rassure.

Sur la fiche Google, les photos se rangent par catégories, comme l'extérieur, l'intérieur ou les plats. Alimentez chaque catégorie plutôt que d'envoyer vingt photos de plats semblables. L'article sur la fiche Google explique comment la remplir.

Sur votre site, la page d'accueil et la page de la carte ont besoin de peu d'images, bien choisies. Six photos de plats valent mieux que trente, parce qu'un visiteur ne fait pas défiler une galerie sur son téléphone en cherchant l'adresse.

Renouvelez-les à chaque changement de carte de saison, pas plus. Gardez celles qui ressemblent encore à ce que vous servez, et retirez les autres.

6. Le poids des images, pour le site et pour Google

Une photo de téléphone pèse souvent plusieurs mégaoctets. Sur un site, c'est beaucoup trop : la page met du temps à s'afficher sur mobile et le visiteur repart. Il faut réduire l'image avant de la mettre en ligne.

Pour un site, visez une largeur de 1 600 pixels au maximum pour une image qui occupe toute la largeur, et moins pour les vignettes. Un poids de quelques centaines de kilo-octets suffit, au format JPEG ou WebP. Sur les sites que je crée, la compression et la conversion se font automatiquement à l'envoi des images. L'article sur le poids des images détaille la méthode.

Pour Google, les règles sont différentes. La fiche accepte les formats JPG et PNG, avec un poids compris entre 10 Ko et 5 Mo. Google recommande 720 pixels de côté et n'accepte pas moins de 250 pixels. Envoyez donc une image nette de cette taille ou un peu plus, sans la compresser à l'extrême.

Donnez aussi un nom clair à chaque fichier avant de l'envoyer, par exemple « risotto-aux-cepes » plutôt que « IMG_4832 », et un texte alternatif qui décrit l'image quand vous la placez sur le site. Cela aide les personnes qui utilisent un lecteur d'écran, et cela aide Google à comprendre ce que la photo montre.

7. Ce qu'il vaut mieux éviter

Les photos de banque d'images, d'abord. Un plat qui n'est pas le vôtre trompe le client, et Google demande des photos fidèles à la réalité de l'établissement. Une photo qui ne ressemble pas à ce que vous servez se retourne contre vous dans les avis.

Les filtres marqués et les retouches lourdes, ensuite. Google demande des photos nettes et bien éclairées, sans retouche importante. Une simple correction de luminosité suffit.

Les photos sombres, floues ou avec du texte incrusté peuvent être refusées par Google. Une photo refusée ne s'affiche tout simplement pas : refaites-la plutôt que d'insister.

Enfin, les visages de vos clients. Vous ne pouvez pas publier le portrait d'une personne identifiable sans son accord. Photographiez la salle vide, ou de dos, ou demandez avant.

Je réponds à vos questions...

Faut-il un appareil photo ou un trépied ?

Non. Un téléphone récent suffit pour un site et une fiche Google. Un petit support qui tient le téléphone à plat au-dessus de l'assiette peut aider pour les photos de dessus, mais ce n'est pas indispensable.

Un photographe professionnel, est-ce que ça vaut le coup ?

Pour la façade, la salle et l'ambiance générale, souvent oui, tous les deux ou trois ans. Les plats, eux, changent avec la carte et se photographient soi-même, à chaque saison. Faites-vous d'abord la main avec votre téléphone : vous saurez mieux ce que vous demandez à un professionnel.

Puis-je utiliser les photos de mon fournisseur ou d'une plateforme ?

Pas sans autorisation. Une photo appartient à la personne qui l'a prise, et le fournisseur ou la plateforme n'a pas toujours le droit de vous la céder. Google attend d'ailleurs des photos de votre établissement, pas des images génériques.

À quelle fréquence renouveler les photos ?

À chaque changement de carte de saison, et dès qu'un plat ne ressemble plus à ce que vous servez. Ajoutez de temps en temps une photo de la salle ou de l'équipe : une fiche qui reçoit de nouvelles photos donne le sentiment d'un lieu vivant.

Faut-il mettre des photos sur la carte en ligne ?

Ce n'est pas obligatoire. Une carte lisible et à jour vaut mieux qu'une carte illustrée de photos lourdes. Mettez des photos sur vos six plats phares et laissez le reste en texte. L'article sur la carte en ligne explique comment la construire.

Prendre de bonnes photos est un savoir-faire, pas un talent. La lumière, une assiette propre, un bon angle : trois réflexes qu'on acquiert en un après-midi, et qu'on garde à chaque changement de carte.

Une dizaine de photos réussies, légères et fidèles à ce que vous servez, travaillent pour vous tous les jours, sur Google, sur votre site et sur Instagram. C'est l'un des investissements les plus simples qui existent, et il ne coûte que du temps.

Vos photos ne rendent pas justice à vos plats ?

Envoyez-moi l'adresse de votre site ou de votre fiche Google. Je regarde ce que voient vos clients avant de venir et je vous dis quelles photos changer en premier. C'est gratuit et sans engagement.

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À propos de l'auteur

Camille Boinaud, webmaster et expert WordPress

Ingénieur logiciel de formation, artisan du web de métier. Depuis plus de trois ans, j’accompagne des indépendants et des petites entreprises dans la création, l’optimisation et la protection de leur site WordPress. Basé à Grasse (06), j’interviens à distance sur toute la France.

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